Dieu nous sauvera disent les écrits. Peut-on les remettre en cause. Si tel était le cas, tout ne serait alors que mensonges et perfidie ? Vivons-nous sur des supercheries ? Qui peut le dire ? Adam et Eve, Erectus ou Sapiens, où est la vérité ? Une seule réponse à cette question scellerait notre sort.
Mais de quoi avons-nous si peur au fond ?
Ne plus exister, ne plus être, est-ce si affreux, si pénible que cela ? Vivre éternellement, c'est là le souhait de la majorité d'entre nous. Mais pas de tous. Je pourrais vivre dix mille ans qu'au bout de cent, je ne serais plus sûr d'en avoir encore envie. N'aurait-on pas tout vu, tout su ? A quoi bon l'éternité si c'est pour mourir d'ennui ? Le fait est que l'homme n'arrive pas à ne pas se concevoir hors de sa chair. Il chérit son corps tel un trésor, et pour rien au monde, ne voudrait se séparer de l'entité même qui fait qu'il est, qu'il existe. Pour l'être humain, ne pas avoir de corps - même dans l'au-delà - c'est ne plus exister. Ne plus être.
Ce que nous craignons le plus dans la mort est de se réveiller sans tout ce qui fait le charme d'aujourd'hui. Nous voudrions tant vivre dans un monde identique à celui-ci, avec ses amours, ses amis et surtout, surtout, soi-même. Et si jamais la mort n'était qu'un prolongement de vie ? Si jamais nous accédions tous à un second niveau dans un immeuble à plusieurs étages ? Du corps humain du rez-de-chaussée, nous passerions ainsi en âme au premier étage. Jusqu'à l'étape suivante, et la suivante, et encore la suivante... et arrivé en haut de l'immeuble, redescendre nouveau, innocent. Puis remonter. Ad libitum. Remonter sans savoir que ces marches que nous gravissons actuellement sont celles que nous grimpions il n'y a pas si longtemps.
Nous aurions donc plusieurs « vies » ? Monterons-nous ces immeubles avec ces sensations de déjà-vu ou serions-nous réincarné dans le corps d'un autre homme, d'un enfant-né, qui, bercé dans le ventre de sa mère, prend alors possession de sa première âme. Et à chaque voyage, un nouvel enfant.
N'est-ce pas là ce que l'on appelle la réincarnation ?
Et peut-être qu'au fond tout ça, c'est que des conneries. Et qu'il n'y a rien après la mort. Mais nous ne devons pas en avoir peur. Nous devons l'accepter. La fuir ne ferait que gâcher la vie en troubles pensées. Pourquoi toujours vouloir se poser trop de questions ? Acceptons ce billet que nous tendent les cieux et profitons de ce voyage, profitons de ce train qui passe avant qu'il ne s'arrête à son terminus. Quand nous descendrons de ce même train, il sera trop tard. Car il n'y a pas de retour en arrière. C'est un train qui arrive, toujours, toujours à la même gare, sur le même quai.
Vivons tant que nous en avons encore le temps. Après, on verra bien. Ou on ne verra pas. En tout cas, une chose est sûre, pour ma part, j'en aurai bien profité.
Car j'ai su accepter.
PPacaly